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Mise en sécurité et dévoiement des réseaux

Mise en sécurité et dévoiement des réseaux d’une sucrerie-distillerie en Seine-et-Marne

Démantèlement d’une surcrerie-distillerie

Une sucrerie-distillerie en cessation d’activité partielle : 14 hectares d’usine, 40 hectares de bassins. Et au milieu de la mise en sécurité, des logements encore habités, une zone de production encore active et des bassins qui doivent continuer à fonctionner. Couper n’était donc pas une option. La photo illustre l’atelier de préfabrication des conduites installé sous un hangar du site : la mise en sécurité commence par les réseaux.

Ce qu’on ne peut pas couper

Sur le papier, la mise en sécurité d’une installation classée est simple : on vidange, on consigne, on coupe les énergies. Sur un site de cette taille, presque rien ne se coupe franchement.
Le calendrier explique tout. Les études ont démarré au printemps, l’entreprise de travaux a été retenue dans la foulée et s’est installée sur le site en août et septembre. Or la zone sucre-silos-ensachage devait encore tourner jusqu’à la mi-octobre, et les logements du site restaient occupés jusqu’au 1er janvier.
S’y ajoutaient les pompes des eaux résiduaires, de l’irrigation et des bassins, qui devaient rester alimentées : le site continue de recevoir la pluie, et les bassins sont toujours en service.
L’installation du chantier a donc précédé de plusieurs semaines l’arrêt de la production, et de plusieurs mois le départ des derniers occupants. La mise en sécurité est devenue un chantier de réseaux.


Dévoyer plutôt que couper

Trois cellules haute tension ont été déposées, puis récupérées et réinstallées sur un nouveau transformateur raccordé au poste du concessionnaire. Un poste préfabriqué a été posé, avec un transformateur de 63 kVA pour la base-vie et un de 160 kVA pour la zone sucre.

Autour, environ 1 180 mètres de lignes électriques provisoires ont été tirés : 450 mètres vers l’irrigation, la base-vie et les ponts bascule, 430 vers les eaux résiduaires, 300 vers le silo. S’y ajoutent un kilomètre de fibre, nécessaire aux automates des bassins, et une trentaine de poteaux lestés sur massifs béton, sans aucune fouille.

Sur le seul volet pose, le planning représentait de l’ordre de 1 600 heures de main-d’œuvre.


Deux réseaux de gaz, deux procédures

Le site était alimenté par deux opérateurs distincts : le transporteur haute pression pour les trois chaudières et l’atelier de chaudronnerie, le distributeur pour les logements et le bâtiment administratif.
Les deux ont été traités séparément, au rythme de la libération des zones. La coupure par l’exploitant du réseau n’est que la première étape : les lignes internes ont ensuite été inertées et soufflées jusqu’au procès-verbal de dégazage, puis coupées physiquement. Les deux vannes police des chaudières ont été déposées.

Même logique pour la source radioactive scellée du site : déposée par une société habilitée, sous contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire, puis reprise pour destruction.

Le vrai problème n’était pas technique

Il était documentaire. Beaucoup de réseaux découverts sur le terrain ne figuraient sur aucun plan. À l’inverse, les plans remis montraient des réseaux déposés depuis longtemps.
Et au moment où cette mémoire du site devenait la ressource la plus précieuse, le personnel était en cours de licenciement. Peu de raisons d’expliquer un tracé de câble à l’entreprise qui vient fermer l’usine.

D’où une règle simple : chaque consignation, chaque évacuation de produit chimique, chaque inertage a fait l’objet d’une attestation du prestataire. C’est la seule chose qui reste opposable quand les plans ne les ont plus.

Exemple d’un collecteur retrouvé sous la végétation qui ne figurait sur aucun plan remis au démarrage.

Ce qu’on en retient

La mise en sécurité n’est pas la formalité qui précède le vrai chantier. C’est le chantier qui conditionne tous les autres, et son poste principal n’est ni la dépollution ni la démolition : c’est le dévoiement des énergies et des fluides.

L’usine et les habitations ont depuis été démolies, le site a été réceptionné et il est aujourd’hui en vente.